Les OGM n’auraient pas d’impacts sur les rendements ?
28 avril 2009
Selon un rapport publié par l’Union of Concerned Scientists, le maïs et le soja OGM n’auraient pas amélioré les rendements aux Etats Unis. Vrai, faux?
les faits :
- Le rapport ne traite que du maïs Bt (résistant à des insectes) et du soja tolérant à des herbicides. Ces deux OGM combinent les variétés les plus performantes en terme de rendement et un trait complémentaire. Ils ne sont pas intrinsèquement développés pour produire plus que la variété conventionnelle homologue, mais, de manière opérationnelle, pour « perdre moins » dans le cas du maïs Bt et, pour la culture de soja, simplifier et rendre plus efficace le désherbage. Ces OGM ont par contre des avantages environnementaux avérés (suppression de l’emploi d’un insecticide pour le maïs Bt ou diminution du nombre de traitements herbicides et du travail du sol dans le cas du soja)
En Amérique du Sud, l’emploi du soja tolérant à des herbicides combiné à des techniques de non labour a permis de mettre en place une culture de soja après une culture de blé la même année.
Globalement, l’utilisation de pesticides (insecticides et herbicides) rapportés à la surface cultivée a diminué de 7,8 % globalement avec l’utilisation d’OGM et diminué les émissions de CO2 équivalentes à la suppression de 6,5 millions de voitures par an.
La culture de colza ou de coton OGM, ignorée par l’étude UCS, présente des rendements supérieurs. Pour le coton OGM : plus 11% en moyenne, et le nombre de traitements insecticides fortement diminué. Là encore, la diminution du coût de production par la réduction du nombre de traitements insecticides engendre des bénéfices nets pour les utilisateurs.
- Le rapport ne s’appuie que sur des données américaines, où les techniques agricoles sont considérées comme particulièrement maîtrisées et des données expérimentales qui sont par définition limitées dans le temps, l’espace et dans l’étude de critères.
Utiliser des OGM peut être considéré comme une « assurance » de rendement. A l’inverse, dans les pays du Sud, et plus généralement en conditions réelles, le potentiel est plus grand. Dans le cas des OGM, réduire les traitements et simplifier les pratiques culturales génèrent alors des bénéfices économiques, environnementaux, mais aussi sanitaires et sociaux.
Des exemples : Au Mexique : rendement du soja tolérant aux herbicides : plus 9%
Aux Philippines : rendement du maïs résistant à des insectes : plus 15%
Aux Philippines : rendement du maïs tolérant à des herbicides : plus 24%
En Roumanie : gains de rendement de plus 30% grâce à l’utilisation de soja tolérant à des herbicides
Les avantages du maïs Bt s’expriment naturellement plus dans les zones touchées par les insectes foreurs (pyrale et sésamie), c’est-à-dire historiquement plutôt en Europe du Sud. En Espagne, pays producteur de maïs Bt, les gains des agriculteurs sont effectifs dès lors qu’un seul traitement insecticide est économisé
En France : le différentiel de rendement entre OGM et non OGM est de 11 quintaux à l’hectare, et la technologie est amortie dès lors que les rendements sont supérieurs à 3,5 quintaux/ha*.
En Europe de l’Est, les agriculteurs attendent les maïs OGM résistant aux foreurs des racines qui leur permettraient de combattre ce fléau
- Le rapport UCS débute en rappelant l’objectif de nourrir la population grandissante en respectant l’environnement, et conclut en appelant à développer davantage les techniques conventionnelles ou biologiques. Pourtant les rendements du soja et du maïs issus de cultures biologiques sont inférieurs, aux USA , de 20 à 30%. Produire plus sur des surfaces égales ou réduites est un des enjeux majeurs, et les recherches utilisant les biotechnologies (OGM mais aussi marquage moléculaire) sont des outils indispensables pour améliorer toutes les pratiques agricoles. De plus, chaque espèce diffère l’une de l’autre, et mérite une analyse comparative des rendements en fonction des besoins en eau, en énergie, en intrants… *
Enfin, les OGM de demain sont développés pour produire plus :
o En fixant l’azote atmosphérique et donc en réduisant le recours à des engrais de synthèse pouvant être source de pollution de nappes phréatiques
o En maximisant la photosynthèse et l’efficience de l’utilisation de l’eau
o En répondant à des problèmes agronomiques non résolus à ce jour (ex : attaque de virus, nématodes…)
Les liens des rapports de contre analyse :
1. « Union of Concerned Scientists rep
ort on GM crop performance is misleading » by Graham Brookes and Peter Barfoot, PG Economics, Inc. Assessable at:
ort on GM crop performance is misleading » by Graham Brookes and Peter Barfoot, PG Economics, Inc. Assessable at:
2. « An analysis of “Failure to Yield” by Doug Gurian-Sherman, Union of Concerned Scientists » by Wayne Parrott, Univ. of Georgia. Assessable at:






