Le principe de précaution et ses dérives a été au cœur du premier débat de l’année 2011 du club 89, le club de réflexion de la majorité présidentielle animé par le secrétaire d’Etat au logement, Benoîst Apparu.
Nous vous proposons quelques extraits de la contribution qui est par ailleurs disponible sur http://www.club89.org/Depasser-le-principe-de-precaution
« Le principe de précaution, vrai progrès lors de son adoption, a été dévoyé : aujourd’hui, il est mis à toutes les sauces, il est l’alibi de tous les immobilismes, le parapluie des politiques pour ne pas faire des choix difficile ou dangereux. Il est devenu le symptôme d’une société qui refuse le risque. Or le risque zéro n’existe pas, il faut apprendre à vivre avec le risque, et comparer ses coûts avec les avantages attendus. Innover, c’est risquer, et nous avons besoin d’innover pour notre croissance ! Cela ne veut pas dire ignorer le risque, bien au contraire, mais mieux le mesurer, l’assumer, et donc le gérer. C’est cela être responsable : passer à une vraie gestion des risques, proposer des choix clairs et conscients à nos concitoyens, ne pas se priver du progrès par simple peur, trouver des solutions innovantes pour continuer à agir tout en réduisant les risques pour nos concitoyens. Préférer le principe de gestion des risques au principe de précaution, équilibrer ce principe dans notre Constitution par un principe d’innovation, c’est donc faire le choix de plus de libertés pour plus de sécurités. » (…)
« Aujourd’hui, le principe de précaution est devenu le réceptacle de toutes les peurs, un alibi pour tous les immobilismes, un parapluie pour tous les politiques qui ne veulent pas faire de choix difficiles et dangereux. Principe d’inaction, il devient aussi un principe qui ne permet même plus l’évaluation du risque, comme en témoigne le blocage sur les OGM. » (…)
« Et d’ailleurs, pour réduire les risques, mieux protéger notre environnement, améliorer notre santé, ne faut-il pas renforcer l’innovation ? D’ailleurs, la proposition avait été faite lors de l’introduction du principe de précaution dans la Constitution de l’accompagner d’un autre principe tout aussi essentiel : le principe d’innovation. Voici une proposition forte qui permettrait de mieux traduire la double préoccupation de protection et de liberté qui est la nôtre. En résumé, ce principe de gestion des risques repose sur un triptyque simple : premier point, mesurer le risque pour évaluer le rapport coût – avantage, deuxième point, prendre une décision consciente, transparente et assumée, troisième point, utiliser l’innovation pour limiter le risque. Ainsi conçu il permet plus de libertés tout en apportant plus de sécurités. » (…)