Archives du mois de février, 2009

Des réponses factuelles au rapport alarmant de Friends of the Earth

27 février 2009

L’ONG “Friends of the Earth” a publié un rapportWho Benefits from GM Crops? Feeding the biotech giants, not the world’s poor” (A qui profitent les OGM? Nourrir les géants des Biotechs, pas les pauvres) qui dénonce notamment les mauvais rendements des OGM et l’augmentation de la consommation de pesticides là où ils sont utilisés. Il affirme que les OGM sont utilisés dans les pays industrialisés pour nourrir le bétail et produire des biocarburants aux dépens des pays du Sud qui subissent de plein fouet une crise alimentaire.
Un agro économiste réfute point par point ces affirmations, données à l’appui :
-          Les rendements moyens ont augmenté entre 1996 et 2006 de 5,7% pour le mais résistant aux insectes et de 11,1% pour le coton résistant aux insectes ;
-          90% des agriculteurs qui utilisent les OGM vivent dans les pays du Sud, et plus de 50% des revenus nets bénéficient aux paysans du Sud ;
-          Si les quantités de pesticides augmentent en volume dans certains pays comme l’Argentine ou le Brésil, les surfaces cultivées augmentent encore plus. Au final, rapporté aux surfaces cultivées, on constate une diminution de l’utilisation de pesticides de 7,8% grâce aux OGM.

Pas de présence d’ADN d’OGM dans l’intestin de vaches nourries avec des OGM

Des chercheurs français ont travaillé sur la détection de séquences d’ADN (dont certaines spécifiques d’OGM) présente dans le sang de bovins nourris avec ou sans maïs OGM.
Ils concluent qu’il ne leur a pas été possible de démontrer la présence d’ADN ou de protéines transgéniques dans le sang des animaux, même si leurs résultats confirment qu’une infime partie d’ADN de la plante peut traverser la barrière intestinale.
Ces résultats montrent qu’il n’existe pas aujourd’hui de protocole de détection fine utilisable à grande échelle qui puisse remplacer la traçabilité documentaire.

Produire en masse des biocarburants de deuxième génération

 Une étude coproduite par le gouvernement américain et General Motors montre que le développement en grande quantité de biocarburants dits de deuxième génération (issus de plantes dites cellulosiques comme les arbres et autres plantes ligneuses) est possible. Les prévisions de ce rapport « The 90-Billion Gallon Biofuel Deployment Study “  (340 millions de tonnes de biocarburants) tablent sur un fort développement de cette source d’énergie d’ici à 2030, à condition que des investissements importants soient faits en matière de recherche et développement, ainsi que de production et distribution. Les biocarburants deviendraient alors rentables dans des fourchettes de prix de pétrole de 70 à 120 dollars le baril.

Les guêpes pratiquent la thérapie génique depuis 100 millions d’années

« Pour se perpétuer, les guêpes de la famille des braconides doivent pondre leurs œufs dans des chenilles qui servent à l’alimentation de leurs larves. Mais ces chenilles constituent un milieu hostile : elles sont pourvues d’un système de défense efficace qui forme une capsule de cellules immunitaires autour d’un corps étranger. Pour contourner ces défenses, … »
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Localisation des essais : une transparence qui peut poser problème

17 février 2009

La Cour européenne de Justice a décidé le 17 février de rendre public dans tous les pays européens la localisation précise des essais d’OGM. L’arrêt stipule que les considérations relatives « au secret de la vie privée et à la sécurité des exploitants concernés » ne doivent pas constituer un obstacle à l’exécution de la directive européenne sur les OGM qui impose une transparence en termes de localisation.
Les destructions d’essais sont nombreuses dans tous les pays, spécialement en France. Au point que la Grande Bretagne, par exemple, envisage un regroupement de ces derniers dans un lieu secret, sous la responsabilité du gouvernement.

Mais Bt : pas de danger pour la santé !

L’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (l’AFSSA) a publié ce mois-ci un avis qui (ré)affirme l’absence de danger pour la santé du maïs Mon810 (maïs Bt). Cette publication  fait suite au rapport d’Yvon le Maho (janvier 2008) qui avait été utilisé par le Gouvernement pour invoquer la clause de sauvegarde au niveau européen, interdisant de facto la culture de maïs Bt en France. En avril 2008, un avis précédent de l’AFSSA concluait « le maïs Mon810 présente le même niveau de sécurité sanitaires que les variétés de maïs conventionnel ».
Le 16 février dernier, les experts européens du Comité permanent de la chaîne alimentaire et de la santé animale étaient appelés à se prononcer sur le levée du moratoire de fait sur la culture de ce maïs en Grèce et en France, mais ils ne sont pas parvenus à trouver une majorité qualifiée.
La Commission européenne a en conséquence annoncé sa décision de demander l’arbitrage du Conseil des ministres européens de l’Environnement qui devra se prononcer dans les trois mois. Au terme de ce délai, la Commission européenne, selon la loi, devra trancher.