Archives du mois de janvier, 2009

Pénurie d’eau : quel rôle pour les biotechnologies ?

24 janvier 2009

Dans sa série Land and Water Discussion Papers, la FAO vient de publier “Faire face à la pénurie d’eau: quel rôle pour les biotechnologie”s, de J. Ruane, A. Sonnino, P. Steduto et C. Deane. Cette publication rassemble les articles de fond et le résumé de la conférence électronique modérée organisée par la FAO.
Le thème majeur de la conférence concernait l’utilisation des biotechnologies pour augmenter l’efficacité d’utilisation de l’eau dans l’agriculture. Deux applications spécifiques relatives à l’eau et aux micro-organismes, pour le traitement des eaux usées et pour l’inoculation d’espèces agronomiques et forestières par des champignons mycorhiziens ont également été abordées.

Un nouveau maïs OGM autorisé au Brésil

Le Comité technique de biosécurité nationale brésilien (CTNBio) vient d’autoriser la commercialisation d’un nouveau maïs génétiquement modifié appelé Herculex 1. Développé conjointement par Pioneer Hi-Bred et Dow AgroScience, ce maïs a été génétiquement modifié pour résister à un large spectre de ravageurs affectant le maïs au Brésil, dont notamment les noctuelles légionnaires d’automne (fall armyworm) et le foreur de canne à sucre. Herculex 1 doit encore recevoir l’autorisation du Ministre de l’agriculture brésilien et du Conseil National de biosécurité (CNBS) avant de pouvoir être planté.
Herculex 1 est la sixième variété de maïs génétiquement modifié autorisé à la commercialisation au Brésil. Le CTNBio a autorisé la culture de trois lignées de maïs transgénique l’année dernière: le YieldGard de Monsanto, le LibertyLink de Bayer, et le Bt11 de Syngenta. Le Président du Comité, Walter Colli a déclaré que les autorisations délivrées au Brésil concernent des produits autorisés dans d’autres pays depuis plus de 10 ans.

La France sanctionnée pour non respect des règles européennes

La Cour européenne de Justice vient de condamner la France à une amende de 10 millions d’euros pour avoir tardé à transposer une directive européenne sur les organismes génétiquement modifiés (OGM). La directive européenne en question datait de 2001 et chaque Etat membre devait la transposer dans sa législation nationale avant 2002. Or, cette loi a été seulement inscrite dans la législation française en juin 2008.
La Commission européenne a saisi la cour de Justice en 2004 et obtenu un ordre incitant la France à remplir ces obligations communautaires, mais il a fallu encore quatre ans avant la transposition de la loi.
Le gouvernement français a expliqué ce retard en invoquant des « difficultés internes » dépassant le cadre de la loi comme les actions en plein champ des opposants aux OGM.
De son côté, la Cour a estimé que "la répétition des comportements infractionnels commis par la France dans le secteur des OGM est de nature à requérir l’adoption d’une mesure dissuasive telle que l’imposition d’une somme forfaitaire".
La Commission européenne a salué la décision de la Cour européenne de Justice en espérant que "cette nouvelle approche des sanctions incitera les Etats à régulariser les infractions et permettra de limiter les saisines de la Cour".

Le Kenya achève sa législation sur les OGM

23 janvier 2009

Après avoir conduit des consultations auprès de tous les professionnels depuis 2002, le parlement Kenyan a voté en décembre 2008 une loi portant sur la biosécurité des OGM en phase avec le protocole de Carthagène qui régit les préventions des risques biotechnologiques.
Quand la Présidence aura donné son accord, les recherches confinées sur les OGM (principalement la résistance aux insectes sur le maïs et le coton) pourront passer à un stade de culture. Le Kenya rejoint les autres pays africains qui ont déjà légiférés comme le Cameroun, le Burkina Faso, le Togo ou l’Afrique du Sud.

L’identification d’un gène impliqué dans la tolérance à la sécheresse

Des chercheurs de l’Université de l’Etat de Michigan (MSU) ont découvert une nouvelle pièce du puzzle génétique qui contrôle la réponse d’une plante soumise à de hautes températures. Cette découverte devrait permettre aux producteurs de plantes de créer de nouvelles variétés qui pourraient se développer sous des climats chauds et secs.

Les scientifiques américains ont montré que le gène, baptisé bZIP28, joue un rôle dans la tolérance à la sécheresse chez Arabidopsis. Les découvertes indiquent que la protéine de ce gène est ancrée loin de sa zone d’action. Cependant, lors d’un stress thermique, une partie du gène bZIP28 est coupée et se dirige vers le noyau de la cellule où elle peut interagir avec d’autres gènes pour contrôler la réponse. « Des recherches complémentaires sont néanmoins encore nécessaires pour comprendre le mécanisme global de réponse. » déclare Robert Larkin de MSU.


Pour plus de sélénium dans les plantes

Les apports en sélénium ont très probablement un impact sur les risques de maladie cardio-vasculaire et de cancer. Cet oligo-élément permettrait également de booster le système immunitaire. Ses propriétés anti oxydantes sont aussi impliquées dans la lutte contre le vieillissement cellulaire.
Certaines plantes accumulent naturellement du sélénium sous forme de « méthyl selenocysteine » qui s’avère être une molécule active contre des formes de cancers chez les animaux, comme les cancers du sein. Des chercheurs en biotechnologie tentent donc d’introduire cette production chez des plantes qui ne le font pas naturellement. Une équipe de Nouvelle Zélande a déjà réussi à incorporer cette caractéristique dans des lignées de tabac et cherchent à l’introduire chez d’autres solanacées comme la tomate ou la pomme de terre.