Archives du mois de juin, 2008

La cartographie du génome du tabac est établie

28 juin 2008

Une équipe de l’Université de Caroline du Nord (Etats-Unis) est venue à bout du génome du tabac. Un travail titanesque d’une durée de 5 ans et dont le coût total s’élève à 17,6 millions de dollars. Les chercheurs estiment avoir identifié 95% des gènes du tabac. Selon eux, l’ADN du tabac contiendrait quelques 36.000 gènes. Les travaux réalisés par l’équipe de Caroline du Nord vont se révéler très utiles pour les scientifiques spécialisés dans le métabolisme de plantes comme par exemple la tomate, la pomme de terre ou le poivron qui sont génétiquement très proches du tabac.

La carte génétique sera mise en ligne sur le site du National Institutes of Health National Center for Biotechnology Information GenBank (http://www.ncbi.nlm.nih.gov/Genbank/index.html, and on an NC State University Web site, http://www.tobaccogenome.org/).


Améliorer l’absorption et l’assimilation de l’azote

L’azote est un nutriment essentiel en agronomie.  Mais le facteur limitant est la capacité de la plante d’absorber l’azote contenu dans les engrais. Une équipe de chercheurs canadiens a modifié génétiquement une lignée de riz par l’introduction d’un gène induisant la production d’alanine-aminotransférase (une enzyme impliquée dans le métabolisme de l’azote) à partir d’un promoteur spécifique contenu dans les tissus du riz. Cette modification a eu pour effet d’augmenter la biomasse et d’accroître le rendement de la plante de manière significative au regard des plantes conventionnelles témoins.

Blé tolérant à la sécheresse : un rendement 20% supérieur

Les essais au champ de blé tolérant à la sécheresse menés dans l’Etat de Victoria (Australie) sont très prometteurs. Parmi les 24 lignées testées contenant 5 modifications génétiques différentes, 7 ont été identifiées comme pourvoyeuses d’un meilleur rendement (20% de plus que les variétés conventionnelles) sous conditions de stress hydrique. 
Ces résultats demandant à être confirmés, les essais seront poursuivis encore pendant deux ans. Les scientifiques australiens espèrent obtenir la première variété de blé transgénique autorisée à la commercialisation d’ici 6 à 10 ans.

Les retards d’autorisation des OGM sont un des problèmes européens à régler de toute urgence

Alors qu’un seul OGM (un maïs résistant aux insectes) a été autorisé à la culture en Europe depuis 1998, plus de 40 produits OGM sont en attente d’autorisations de culture ou d’importation. Par ailleurs, plus d’une centaine d’OGM sont autorisés dans le Monde. Le retard d’autorisation en Europe, qui s’accentue de jour en jour, induit non seulement une distorsion de concurrence pour les agriculteurs, mais également des interdictions d’utilisation de facto préjudiciables pour toute la filière agro alimentaire. Les producteurs d’aliments pour animaux ou encore les producteurs de porc ont déjà dénoncé cet état de faits. A son tour, la Confédération européenne des Industries agroalimentaires (CIAA) s’exprime sur le sujet en demandant « la fin de cet état d’incertitude et des dépenses liées à la politique de tolérance zéro pour les traces d’OGM non autorisés en Europe, même lorsqu’ils ont satisfait aux exigences sanitaires selon les standards internationaux ».
Un rapport sur le coût de ces retards pour l’Europe
 Elle a d’ailleurs publié un rapport sur les impacts économiques de ce retard entre les autorisations en Europe et dans le monde.

Selon cette étude, les impacts négatifs immédiats se font déjà ressentir. Pour les professionnels utilisant le soja comme protéine végétale, les surcoûts sont de l’ordre de 1 à 2,8 milliards, et vont augmenter dans les années à venir. Une délocalisation de métiers (et donc d’emplois) est possible, avec un choix disponible pour le consommateur limité et une confiance dans la filière agroalimentaire en baisse. Finalement, ce frein des autorisations contribue à la croissance des prix agricoles


Le maïs Bt n’a aucun effet sur les coccinelles

Le maïs Bt permet de lutter contre la pyrale et la sésamie, deux papillons aux larves ravageuses et uniquement contre eux. Un dispositif expérimental a permis d’étudier l’effet de la toxine du maïs Bt sur les coccinelles, insecte utile non ciblé par la transformation génétique. Pour cela, les chercheurs ont nourri des acariens exclusivement avec du maïs Bt avant de les donner à manger à des coccinelles. Résultats : aucun effet négatif constaté.
Une synthèse des articles scientifiques parue récemment, a montré également que la culture de coton, de maïs ou de pomme de terre Bt n’avaient pas d’impact sur les pucerons, punaise, araignée ou mouches…

Les bénéfices économiques et environnementaux des OGM réactualisés

L’étude réactualisée d’un agro-économiste anglais montre que les bénéfices nets engendrés par les OGM sont de l’ordre de 7 milliards de dollars en 2006. Cumulés sur 11 ans, ces derniers s’élèvent à 33,8 milliards de dollars.
Le rapport souligne également que la réduction mondiale de pesticides engendrée équivaut à la quantité utilisée sur plus du tiers de l’Europe (40%). Cette diminution des herbicides et insecticides utilisés entraîne un impact environnemental des OGM de 15% moindre comparé à celui des plantes conventionnelles.
L’augmentation des revenus agricoles correspond à une hausse moyenne de 3,8% de la valeur de la production globale sur les quatre cultures OGM existantes : soja, maïs, colza, coton.
Ce sont désormais les agriculteurs du Sud qui bénéficient le plus des biotechnologies (54% des revenus engendrés).
Télécharger le rapport complet : www.pgeconomics.co.uk