Archives du mois de avril, 2008

Le plus gros utilisateur de maïs pour l’alimentation humaine au Japon utilise désormais du maïs OGM

30 avril 2008

Le transformateur Nihon Shokuhin Kako Co Ltd a annoncé acheter du maïs biotechnologique à cause de la flambée du cours des matières premières et à cause du différentiel de prix entre le maïs OGM et le non OGM pour la production d’édulcorants.
Les douze plus grands transformateurs japonais importent du maïs des USA, dont les cours ont doublé en deux ans. Par ailleurs, la production de maïs OGM représente  80% de la production globale aux USA et le différentiel du coût entre OGM et non OGM ne cesse de croître.
Ainsi le leader japonais Nihon a décidé d’acheter pour la première fois du maïs OGM arguant qu’il n’y a aucun problème en termes de sécurité sanitaire. D’ailleurs, le Japon a autorisé l’importation de 36 variétés de maïs OGM. 

Un décalage dans les autorisations qui devient problématique pour les filières alimentaires

Tout OGM est testé préalablement à sa mise en culture et à sa commercialisation. En Europe, c’est l’EFSA qui fournit l’expertise scientifique. Mais la durée moyenne pour qu’un OGM soit autorisé est de 36 mois en Europe, alors qu’elle n’est que de 12 mois aux Etats-Unis. Il existe donc des OGM autorisés et cultivés dans des pays tiers qui n’ont pas reçu d’autorisation de la part de L’UE. Certains peuvent néanmoins avoir reçu un avis favorable de l’EFSA. Pour ces OGM, il n’existe plus de seuil de tolérance depuis avril 2007.
Bilan : on pourrait retrouver dans les matières premières importées des OGM non encore autorisés en Europe. Et ce phénomène va aller en s’accroissant, avec de plus en plus d’OGM autorisés aux USA mais aussi au Brésil ou en Argentine. De plus, la possibilité d’empiler des gènes (appelé le « stacking ») va augmenter le nombre d’autorisations asynchrones puisqu’en Europe chaque combinaison doit faire l’objet d’une autorisation spécifique, contrairement aux USA.
Ce phénomène d’asynchronie entre les délivrances d’autorisation n’est pas un problème sanitaire, puisque les demandes d’autorisation sont déposées à travers le monde, mais un problème économique qui prend toute sa dimension dans un contexte d’envolée des cours des matières premières.
Ainsi, un rapport de la Direction générale Agriculture de l’UE de juillet 2007 conclut que dans le pire des cas, les autorisations asynchrones auront un impact considérable sur les productions animales notamment sur l’aviculture avec une diminution de la production de volaille de 29% d’ici à 2009.
Ce décalage a différentes conséquences pour l’UE :
-        un risque accru de présence fortuite dans les matières premières importées d’OGM évalués mais non autorisés en Europe
-        une augmentation des prix des matières premières importées, voire une rupture d’approvisionnement
-        une orientation massive des exportations vers la Chine ou l’Asie lié au manque d’attractivité du marché européen et aux risques légaux en cas de mise en évidence de ces OGM
 
Pour remédier à ce problème, différentes solutions existent :
-        acc&e
acute;lérer les procédures d’autorisation en Europe pour les OGM ayant déjà obtenu une autorisation dans d’autres pays
-        mise en place d’un seuil de tolérance.

Projet de loi allemand sur l’étiquetage « sans OGM »

L’Allemagne a notifié à la Commission une loi permettant d’étiqueter « sans OGM » les produits animaux issus d’animaux nourris avec une alimentation contenant moins de 0,9% d’OGM. Elle instaure une durée précédant l’abattage ou la production de denrées animales durant laquelle l’animal doit recevoir uniquement un aliment contenant moins de 0,9% d’OGM. Cette période est de 4 mois pour le porc, 10 semaines pour le poulet ou encore trois mois pour la production de lait.
La loi précise que l’allégation « sans OGM » n’est pas possible dès lors que l’alimentation animale contient des matières premières OGM, sauf si ces dernières ne peuvent être substituées par d’autres alternatives conventionnelles.
Ce texte introduit une discrimination entre filière, car il permet selon les usages finaux de pouvoir ou non étiqueter sans OGM des produits issus de plantes contenant moins de 0,9% d’OGM. Par exemple, une huile de soja contenant moins de 0,9% d’OGM sera considérée comme conventionnelle alors qu’un animal nourris avec les tourteaux de soja identique au précédent pourra être étiqueté « sans OGM ».
Cela induit de plus un problème de régulation de marché, puisque les règles sont différentes dans les pays européens. La réglementation du pays destinataire s’appliquera néanmoins.

L’avis français n’est pas suivi par l’EFSA

Lors de la dernière séance plénière de l’EFSA, l’Autorité européenne de sécurité des aliments des 30 et 31 janvier 2008, il a été question de l’avis du Comité de préfiguration de la Haute autorité qui a déclenché la demande de clause de sauvegarde de la part du gouvernement français, et créé un moratoire de fait sur la culture du maïs MON810 en France cette année.
Dans le compte rendu écrit, adopté le 12 mars dernier, il est noté dans les points divers (chapitre 11) que le directeur exécutif de l’EFSA a demandé au panel OGM d’étudier le contenu de cet avis. Le panel OGM en charge des questions environnementales a considéré que l’avis n’apportait aucun élément scientifique nouveau qui justifiait une réévaluation de l’utilisation du MON810 ou des amendements sur les précédents avis portés sur la sécurité sanitaire du maïs Bt, incluant les avis sur les clauses de sauvegarde déjà évoqués. Le panel indique qu’il conduira une évaluation complète sur le MON810 dans le cadre du renouvellement des autorisations des produits existants prévu par la loi européenne sur les OGM.

sondage : Que pensent les anglais des OGM ?

28 avril 2008

L’agence britannique de veille sanitaire (UK Government Food Standards Agency ou FSA) a conduit un sondage annuel de perception des consommateurs. Il révèle que les consommateurs sont de moins en moins préoccupés par les OGM. En réponse spontanée, les OGM ne sont cités que par 3% des consommateurs. Sur proposition d’une liste de sujets, les OGM sont retenus dans 20% des cas (contre 25% en 2006), mais derrière les hormones utilisés chez les animaux, les pesticides ou encore (et le plus souvent cités) le sucre (39%), le gras (40%) ou le sel (50%) dans l’alimentation.

sondage : les Indiens ont confiance dans les aliments issus ou produits à partir d’OGM

26 avril 2008

D’après un sondage conduit par des chercheurs de l’Indian Institute of Management les Indiens n’expriment aucun a priori négatif sur les OGM. Ils n’ont en très grande majorité (90%) pas de connaissances sur les OGM en alimentation. Mais après une information sur les biotechs, ils se disent prêts à acheter plutôt des aliments OGM à des aliments non OGM à prix égal, et sont prêts à payer plus (20%) pour certains produits comme le riz doré (enrichi en provitamine A). Ils souhaitent par ailleurs un étiquetage spécifique.